Critiques / Critics

"Mathilde a cette impétuosité de la jeunesse qui réunit les quatre éléments fondamentaux de la création...la terre qui permet la vie de toute forme sculpturale....avec cette intensité de l'artiste qui sculpte la matière à l'envie...en y imprégnant de sa flamme sensible l'élégance de l'eau qui ouvre les perspectives de l harmonie fondatrice et lui insuffle le souffle vital de la vie...un voyage entre deux univers où le béton citadin ferme le portrait d une reproduction androgyne où s'affrontent sous-bois et métaux...dans l'incandescence créatrice des mains artisans..."

 
- Stéphanie Duboc de Milky Blue factory -

L’artiste plasticienne Mathilde Thiennot ressemble à ces fleurs sauvages qu’on rencontre en ville et qui sous leur apparente fragilité possèdent des racines suffisamment puissantes pour fendre le bitume.

Comme elles, elle a la tête solidement vissée sur les épaules et les pieds fermement ancrés dans le sol. Il n’en faut pas moins pour vivre en marge des plates-bandes ordinaires.

Comme elles, elle se nourrit des allers-retours entre le ciel et la terre et dans le temps, entre le pérenne et l’éphémère.

Mathilde Thiennot cherche en toute occasion à se laisser traverser par l’énergie tellurique et par l’entremise de son oeuvre à nous confier les traces de ce passage.

 Son oeuvre est un engagement et une invitation à éprouver le vivant sous toutes ses formes et à en s’en faire le témoin.

 Pour nous, êtres humains, il s’agit de ne pas faillir à cette double mission qui est la nôtre, il s’agit de ne pas devenir inertes !

 Les énergies profondes dont la Terre dispose et que nous portons en nous sont là pour nous le rappeler, et Mathilde Thiennot, par son travail, se fait sans relâche la garante de ce rappel.

 Engrangeant les expériences urbaines et sauvages, du piétonnage à l’escalade, et multipliant les engrenages créatifs, l’artiste invente au fil de son oeuvre une nouvelle nomenclature, donnant à chacune de ses pièces un nom latin comme à autant de plantes hybrides, issues autant de l’humus que du béton.

 Par la variété des supports (papier, toile, plaque…), des matériaux (encre, mine, charbon, ciment, liège…) et des techniques (dessin, peinture, collage, sculpture, gravure, photographie…) employés, Mathilde Thiennot s’évertue à exprimer et à faire ressentir l’incroyable étendue du monde qui nous abrite et que nous abritons.

 Changer de point de vue et d’échelle pour mieux s’émerveiller… comme il est écrit dans le Shin Jin Mei, ouvrage de sagesse bouddhiste :

 

« L’infiniment grand est égal à l’infiniment petit,

Nous ne pouvons voir les limites des lieux. »

-Juliette Ulrich, poète-